Exercices : composants intégrés

Exercice 1 — QCM : circuits intégrés et loi de Moore

Pour chaque question, une seule réponse est correcte.

1. Le premier circuit intégré a été inventé en :

  • A. 1947 (invention du transistor)
  • B. 1958 (Jack Kilby, Texas Instruments)
  • C. 1971 (premier microprocesseur Intel 4004)
  • D. 2000 (prix Nobel de Jack Kilby)
Correction

B. Jack Kilby a inventé le premier circuit intégré en 1958 chez Texas Instruments. A correspond à l’invention du transistor, C au premier microprocesseur, D au prix Nobel.

2. La loi de Moore prédit que le nombre de transistors sur une puce :

  • A. double tous les 6 mois
  • B. double tous les 2 ans environ
  • C. triple tous les 5 ans
  • D. reste constant depuis 2010
Correction

B. La loi de Moore (1965) prévoit un doublement environ tous les deux ans. Six mois est trop rapide (A), un triplement tous les cinq ans sous-estime la croissance (C), et la loi a continué à se vérifier approximativement après 2010 (D).

3. Un microcontrôleur se distingue d’un microprocesseur car il intègre en plus :

  • A. un processeur graphique (GPU)
  • B. de la mémoire et des périphériques d’entrée/sortie
  • C. une connexion Wi-Fi et Bluetooth
  • D. un écran et un clavier
Correction

B. Un MCU intègre, en plus du processeur, de la mémoire (RAM, ROM/Flash) et des périphériques d’E/S. Le GPU est typique d’un SoC (A), la connectivité Wi-Fi/Bluetooth aussi (C), et l’écran/clavier sont des périphériques externes (D).

4. L’avantage principal d’un SoC en termes de vitesse vient de :

  • A. la fréquence d’horloge plus élevée que celle d’un CPU classique
  • B. la proximité physique des composants sur la même puce
  • C. l’utilisation de mémoire DDR5 exclusivement
  • D. le nombre de cœurs toujours supérieur à huit
Correction

B. La proximité physique des composants sur la même puce réduit la latence des communications (quelques millimètres au lieu de plusieurs centimètres sur une carte mère). Un SoC n’a pas nécessairement une fréquence plus élevée (A), le type de mémoire n’est pas spécifique (C), et le nombre de cœurs varie selon les modèles (D).

5. La finesse de gravure de l’Apple M3 (2023) est de 3 nm. Par rapport à l’Intel 4004 (1971, 10 µm), le facteur de réduction est d’environ :

  • A. 33
  • B. 333
  • C. 3 333
  • D. 33 333
Correction

C. 10 µm = 10 000 nm. Le facteur est 10 000 / 3 ≈ 3 333. A correspond à une confusion d’unité µm/nm, B à une erreur de calcul, D à un facteur 10 en trop.

6. Un firmware est :

  • A. un composant matériel du microcontrôleur
  • B. un logiciel gravé dans une mémoire non volatile, exécuté dès la mise sous tension
  • C. un système d’exploitation comme Windows ou Linux
  • D. un programme stocké sur un disque dur, lancé par l’utilisateur
Correction

B. Un firmware est un logiciel gravé dans une mémoire non volatile (ROM, Flash), qui s’exécute dès la mise sous tension. Ce n’est pas un composant matériel (A), il est bien plus léger qu’un OS (C), et il n’est pas sur un disque dur (D).


Exercice 2 — Classer les composants

Pour chaque composant ci-dessous, indiquer s’il s’agit d’un microprocesseur (CPU), d’un microcontrôleur (MCU) ou d’un système sur puce (SoC). Justifier en une phrase.

  1. Intel Core i9-14900KF : puce utilisée dans les ordinateurs de bureau, contenant uniquement des cœurs de calcul. Elle nécessite une carte mère avec mémoire et GPU séparés.
  2. Qualcomm Snapdragon 8 Gen 3 : puce d’un smartphone Samsung, intégrant CPU, GPU, modem 5G, Wi-Fi, Bluetooth et un coprocesseur d’intelligence artificielle.
  3. STM32F103 : puce d’une carte de robotique, intégrant un processeur ARM Cortex-M3, 20 Ko de RAM, 64 Ko de Flash et des ports série/GPIO.
  4. Apple M3 : puce d’un MacBook, intégrant CPU, GPU, mémoire unifiée, moteur neuronal et contrôleur d’affichage.
  5. ATmega328P : puce au cœur de l’Arduino Uno, avec un processeur 8 bits, 2 Ko de RAM, 32 Ko de Flash et des broches d’entrée/sortie.
Correction
  1. CPU. L’Intel Core i9-14900K ne contient que des cœurs de calcul. Il a besoin d’une carte mère avec RAM, GPU et contrôleurs d’E/S externes.
  2. SoC. Le Snapdragon 8 Gen 3 intègre sur une seule puce le CPU, le GPU, le modem 5G, Wi-Fi, Bluetooth et un coprocesseur IA : c’est un système complet.
  3. MCU. Le STM32F103 intègre processeur, mémoire (RAM + Flash) et périphériques d’E/S, mais pas de GPU ni de modem.
  4. SoC. L’Apple M3 intègre CPU, GPU, mémoire unifiée, moteur neuronal et contrôleur d’affichage sur la même puce.
  5. MCU. L’ATmega328P intègre un processeur 8 bits, de la mémoire et des broches d’E/S : c’est le microcontrôleur de l’Arduino Uno.

Exercice 3 — Loi de Moore et calculs

La loi de Moore prévoit que le nombre de transistors \(N\) double tous les deux ans. Si \(N_0\) est le nombre de transistors à l’année \(a_0\), on peut écrire :

$$N(a) = N_0 \times 2^{(a - a_0)/2}$$

  1. L’Intel 4004 (1971) contenait 2 300 transistors. En utilisant la formule, estimer le nombre de transistors prévu par la loi de Moore en :
    • a) 1989 (date de l’Intel 486)
    • b) 2023 (date de l’Apple M3)
  2. Le nombre réel de transistors de l’Intel 486 est 1,2 million et celui de l’Apple M3 est 25 milliards. Comparer avec les estimations de la question précédente. Que peut-on en conclure ?
  3. En quelle année la loi de Moore prédit-elle qu’on atteindrait 1 milliard de transistors ? On cherche \(a\) tel que \(N(a) = 10^9\).
Correction

1. Application de \(N(a) = 2,300 \times 2^{(a - 1971)/2}\) :

  • a) Pour 1989 : \(N = 2,300 \times 2^{9} = 2,300 \times 512 = 1,177,600 \approx 1{,}2\) million.
  • b) Pour 2023 : \(N = 2,300 \times 2^{26} = 2,300 \times 67,108,864 \approx 1{,}54 \times 10^{11}\), soit environ 154 milliards.

2. Pour l’Intel 486, l’estimation (≈ 1,2 million) est remarquablement proche de la réalité (1,2 million) : la loi de Moore était très bien vérifiée en 1989. Pour l’Apple M3, l’estimation (154 milliards) est très supérieure à la réalité (25 milliards) : la croissance a ralenti ces dernières années, la loi de Moore se heurte aux limites physiques.

3. On cherche \(a\) tel que \(2,300 \times 2^{(a-1971)/2} = 10^9\) :

$$2^{(a-1971)/2} = \frac{10^9}{2,300} \approx 434,783$$

$$\frac{a - 1971}{2} = \log_2(434,783) \approx 18{,}73 \quad \Rightarrow \quad a \approx 2008{,}5$$

La loi de Moore prédisait environ 1 milliard de transistors vers 2008-2009. En réalité, l’Intel Core i7 (2008) contenait 731 millions de transistors et le seuil a été franchi vers 2010.


Exercice 4 — Analyse de document : comparaison de deux puces

Le tableau ci-dessous présente les caractéristiques de deux puces :

Puce APuce B
ComposantsCPU (4 cœurs), GPU, mémoire 8 Go, Wi-Fi, Bluetooth, GPS, modem 5GCPU (8 cœurs)
Finesse de gravure4 nm7 nm
Consommation5 W125 W
UsageSmartphoneOrdinateur de bureau
  1. La puce A est-elle un CPU, un MCU ou un SoC ? Justifier.
  2. La puce B est-elle un CPU, un MCU ou un SoC ? Justifier.
  3. Expliquer pourquoi la puce A consomme beaucoup moins que la puce B.
  4. Un utilisateur souhaite remplacer le GPU de son appareil par un modèle plus performant. Avec quelle puce cela est-il possible ? Pourquoi ?
  5. Malgré une finesse de gravure plus petite, la puce A n’est pas forcément plus rapide que la puce B pour du calcul pur. Expliquer pourquoi.
Correction
  1. La puce A est un SoC. Elle intègre CPU, GPU, mémoire, et contrôleurs de communication (Wi-Fi, Bluetooth, GPS, modem 5G) sur une seule puce.
  2. La puce B est un CPU. Elle ne contient que des cœurs de calcul (8 cœurs), sans mémoire intégrée ni GPU.
  3. Deux raisons : l’intégration (connexions internes courtes dans un SoC vs pistes de plusieurs cm sur une carte mère) et la finesse de gravure plus petite (transistors plus petits nécessitant moins de courant).
  4. Cela n’est possible qu’avec la puce B (CPU). Le GPU est un composant séparé sur la carte mère, donc remplaçable. Avec la puce A (SoC), le GPU est intégré sur la même puce : impossible de le remplacer seul.
  5. La puce B a le double de cœurs (8 contre 4), une fréquence d’horloge souvent plus élevée (>5 GHz), et une enveloppe thermique (125 W) autorisant une puissance soutenue. La puce A, limitée à 5 W, doit brider ses performances pour ne pas surchauffer.

Exercice 5 — Systèmes embarqués : identifier et caractériser

Pour chaque appareil ci-dessous, indiquer s’il contient un système embarqué, puis préciser le type de puce le plus probable (MCU ou SoC) et une contrainte spécifique.

  1. Un thermostat connecté de chauffage domestique.
  2. Le pilote automatique d’un avion de ligne.
  3. Une montre connectée avec écran, GPS et capteur cardiaque.
  4. Le système de freinage ABS d’une voiture.
  5. Un robot aspirateur autonome.
Correction
  1. Système embarqué, MCU. Tâche simple (mesurer la température, commander le chauffage). Contrainte : faible consommation (fonctionnement sur piles) et fiabilité sur de longues durées.
  2. Système embarqué, SoC (ou système multi-processeurs redondants). Traitement parallèle de nombreuses données. Contrainte : fiabilité critique et temps réel (une défaillance peut être fatale).
  3. Système embarqué, SoC. Écran, GPS, capteur, Bluetooth, applications. Contrainte : très faible consommation (autonomie de plusieurs jours sur batterie minuscule).
  4. Système embarqué, MCU. Surveillance des capteurs de vitesse et commande des freins. Contrainte : temps réel strict (freinage ajusté en quelques millisecondes).
  5. Système embarqué, SoC. Navigation (caméra, capteurs LIDAR/IR), cartographie, contrôle moteurs. Contrainte : autonomie et capacité de calcul pour la navigation intelligente.

Exercice 6 — Vrai ou faux

Pour chaque affirmation, indiquer si elle est vraie ou fausse, puis justifier.

  1. Un SoC est toujours plus puissant qu’un CPU classique.
  2. La loi de Moore est une loi physique fondamentale.
  3. Un microcontrôleur peut fonctionner sans carte mère.
  4. La finesse de gravure est le seul facteur qui détermine la vitesse d’un processeur.
  5. Un pacemaker est un exemple de système embarqué.
  6. L’Intel 4004 (1971) était un système sur puce.
Correction
  1. Faux. Un SoC intègre plus de composants, mais ses cœurs CPU sont souvent moins puissants que ceux d’un processeur de bureau. Un Intel Core i9 est plus rapide en calcul pur qu’un SoC de smartphone.
  2. Faux. La loi de Moore est une loi empirique (une observation industrielle), pas une loi de la physique.
  3. Vrai. Un MCU intègre processeur, mémoire et E/S sur la même puce : c’est un ordinateur autonome.
  4. Faux. La vitesse dépend aussi de la fréquence d’horloge, du nombre de cœurs, de l’architecture, de la taille des caches, etc.
  5. Vrai. Système autonome, intégré dans le corps, dédié à réguler le rythme cardiaque, avec ressources limitées et contrainte de fiabilité critique.
  6. Faux. L’Intel 4004 était un microprocesseur (CPU) : il ne contenait que l’unité de calcul et nécessitait des puces mémoire et d’E/S séparées.

Exercice 7 — Conversion d’unités : finesse de gravure

Rappel : 1 µm = 10³ nm = 10⁻⁶ m et 1 nm = 10⁻⁹ m.

  1. Convertir les finesses de gravure suivantes en nanomètres :
    • a) 10 µm (Intel 4004, 1971)
    • b) 1 µm (Intel 486, 1989)
    • c) 0,065 µm (Intel Core 2, 2006)
  2. Convertir 3 nm en mètres. Combien d’atomes de silicium (diamètre ≈ 0,2 nm) peut-on aligner sur cette distance ?
  3. Expliquer, à l’aide du résultat précédent, pourquoi la miniaturisation ne peut pas se poursuivre indéfiniment.
Correction

1. Conversions :

  • a) 10 µm = 10 × 10³ nm = 10 000 nm
  • b) 1 µm = 1 000 nm
  • c) 0,065 µm = 0,065 × 10³ nm = 65 nm

2. 3 nm = 3 × 10⁻⁹ m. Nombre d’atomes : 3 / 0,2 = 15 atomes de silicium.

3. Avec seulement 15 atomes de large, on approche de la limite physique fondamentale : on ne peut pas graver un transistor sur moins d’un atome. De plus, à cette échelle, des effets quantiques (effet tunnel) apparaissent : les électrons traversent les barrières isolantes, provoquant des fuites de courant et des dysfonctionnements.


Exercice 8 — Synthèse : concevoir un système embarqué

On souhaite concevoir un compteur de vélos installé sur une piste cyclable. Ce système doit :

  • détecter le passage de chaque vélo à l’aide d’un capteur (boucle magnétique) ;
  • compter le nombre de passages quotidiens ;
  • transmettre les données chaque soir à un serveur via le réseau mobile (4G) ;
  • fonctionner pendant un an sur une batterie solaire.

Questions :

  1. Ce dispositif est-il un système embarqué ? Justifier en vérifiant les trois critères (ressources limitées, fonction spécialisée, contraintes de fiabilité).
  2. Quel type de puce serait le plus adapté : un CPU, un MCU ou un SoC ? Justifier le choix et expliquer pourquoi les deux autres sont moins adaptés.
  3. Donner deux contraintes majeures de ce système embarqué et expliquer comment le choix de puce permet d’y répondre.
  4. Le firmware de ce système doit-il fonctionner en temps réel strict ? Justifier.
Correction

1. Oui, c’est un système embarqué :

  • ressources limitées : alimentation par batterie solaire, pas de clavier ni écran ;
  • fonction spécialisée : le système ne fait que compter des vélos et transmettre les données ;
  • contraintes de fiabilité : fonctionnement autonome pendant un an, sans maintenance, par tous les temps.

2. Le plus adapté est un MCU, associé à un module 4G externe :

  • un CPU nécessiterait une carte mère : surdimensionné et trop énergivore ;
  • un SoC intègre GPU, Wi-Fi, Bluetooth inutiles ici : surdimensionné et plus coûteux ;
  • un MCU intègre tout le nécessaire (processeur, mémoire, E/S) pour une consommation minimale.

3. Deux contraintes majeures :

  • autonomie énergétique : le MCU consomme très peu (de l’ordre du milliwatt en veille), compatible avec une alimentation solaire ;
  • fiabilité : le firmware gravé en Flash s’exécute dès la mise sous tension, sans OS complexe susceptible de planter.

4. Non, le temps réel strict n’est pas nécessaire. Un vélo passe en quelques dixièmes de seconde : un délai de quelques millisecondes est suffisant. Il n’y a pas de danger si la détection est légèrement retardée (contrairement à un ABS). C’est du temps réel souple au plus.