Exercices : réseaux et protocoles de routage

Exercice 1 : QCM

Pour chaque question, une seule réponse est correcte.

1. Quel protocole de routage utilise le nombre de sauts comme métrique ?

  • A. OSPF
  • B. DNS
  • C. RIP
  • D. ARP
Correction

C. RIP (Routing Information Protocol) utilise le nombre de sauts (chaque routeur traversé compte pour un). A (OSPF) utilise un coût basé sur le débit des liaisons. B (DNS) n’est pas un protocole de routage mais de résolution de noms. D (ARP) résout les adresses IP en adresses MAC.

2. Deux machines ont les adresses 192.168.1.45/24 et 192.168.2.12/24. Sont-elles sur le même réseau ?

  • A. Oui, car elles commencent toutes les deux par 192.168
  • B. Oui, car elles ont le même masque /24
  • C. Non, car elles ont des adresses MAC différentes
  • D. Non, car leurs adresses réseau sont différentes
Correction

D. Avec le masque /24, l’adresse réseau s’obtient en conservant les 24 premiers bits (les trois premiers octets). Machine 1 : réseau 192.168.1.0. Machine 2 : réseau 192.168.2.0. Ces adresses réseau sont différentes, donc les machines sont sur des réseaux distincts. A est faux (il faut comparer les adresses réseau complètes, pas seulement les deux premiers octets). B est faux (même masque ne signifie pas même réseau).

3. Avec la formule de coût OSPF ($10^8 / \text{débit en bit/s}$), quel est le coût d’une liaison Fast Ethernet (100 Mbit/s) ?

  • A. 1
  • B. 10
  • C. 100
  • D. 0,1
Correction

A. $10^8 / 10^8 = 1$. B (10) correspond à l’Ethernet classique (10 Mbit/s). C (100) correspondrait à une liaison à 1 Mbit/s. D ($0{,}1$) correspond au Gigabit Ethernet (1 Gbit/s).

4. Quelle commande permet de tracer le chemin emprunté par un paquet vers une destination ?

  • A. ping
  • B. nslookup
  • C. ss
  • D. traceroute
Correction

D. traceroute affiche tous les routeurs intermédiaires en exploitant le mécanisme du TTL (Time To Live). A (ping) teste la connectivité sans montrer le chemin détaillé. B (nslookup) interroge le DNS. C (ss) affiche les connexions réseau actives sur la machine locale.


Exercice 2 : calculer une adresse réseau par ET binaire (exercice guidé)

Pour déterminer si deux machines sont sur le même réseau, il faut calculer l’adresse réseau de chacune en effectuant un ET logique entre l’adresse IP et le masque de sous-réseau, bit à bit.

Cas 1 : masque /24 (cas simple)

La machine A a l’adresse 192.168.5.42/24.

a) Le masque /24 signifie que les 24 premiers bits sont à 1. Écrivez ce masque en notation décimale pointée.

b) Le ET logique avec un masque /24 conserve les trois premiers octets et met le dernier à zéro. Quelle est l’adresse réseau de la machine A ?

c) La machine B a l’adresse 192.168.5.130/24. Quelle est son adresse réseau ? Les deux machines sont-elles sur le même réseau ?

Cas 2 : masque /20 (calcul binaire nécessaire)

La machine C a l’adresse 172.16.5.42/20.

d) Le masque /20 signifie que les 20 premiers bits sont à 1. Écrivez les quatre octets du masque en binaire, puis convertissez en décimal.

e) Le troisième octet de l’adresse est 5. Convertissez-le en binaire (sur huit bits). Le troisième octet du masque est 240 (soit 11110000). Effectuez le ET logique bit à bit.

f) Déduisez-en l’adresse réseau complète de la machine C.

Cas 3 : masque /17

g) La machine D a l’adresse 10.130.200.15/17. Calculez son adresse réseau en détaillant le ET binaire sur le deuxième octet (130).

Correction

a) /24 = 24 bits à 1 puis 8 bits à 0, soit 11111111.11111111.11111111.00000000 = 255.255.255.0.

b) ET logique : 192.168.5.42 ET 255.255.255.0 = 192.168.5.0. L’adresse réseau de A est 192.168.5.0/24.

c) 192.168.5.130 ET 255.255.255.0 = 192.168.5.0. Même adresse réseau que A : les deux machines sont sur le même réseau.

d) /20 = 20 bits à 1 :

11111111.11111111.11110000.00000000
   255  .  255   .  240   .   0

Le masque est 255.255.240.0.

e) Troisième octet de l’adresse : $5 = 00000101_2$. Troisième octet du masque : $240 = 11110000_2$.

ET logique bit à bit :

  00000101   (5)
ET 11110000   (240)
= 00000000   (0)

Le résultat est 0.

f) Adresse réseau : 172.16.0.0/20. Les deux premiers octets sont conservés (172.16), le troisième donne 0 par le ET logique, le quatrième est mis à zéro par le masque.

g) Le masque /17 a les 17 premiers bits à 1 :

11111111.10000000.00000000.00000000
   255  .  128   .   0    .   0

Deuxième octet de l’adresse : $130 = 10000010_2$. Deuxième octet du masque : $128 = 10000000_2$.

  10000010   (130)
ET 10000000   (128)
= 10000000   (128)

Adresse réseau : 10.128.0.0/17.


Exercice 3 : table de routage simple (deux routeurs)

Deux routeurs R1 et R2 sont reliés entre eux et connectent chacun un réseau local :

  • Réseau A (10.1.0.0/16) connecté à R1
  • Réseau B (10.2.0.0/16) connecté à R2
  • Liaison R1–R2 : 192.168.1.0/24 (R1 : 192.168.1.1, R2 : 192.168.1.2)

a) Donnez la table de routage de R1. Pour chaque entrée, indiquez le réseau de destination, l’interface ou la passerelle, et la distance (en nombre de sauts pour RIP).

b) Un paquet est envoyé de la machine 10.1.0.5 (réseau A) vers 10.2.0.12 (réseau B). Décrivez son parcours.

c) Un paquet est envoyé de 10.2.0.12 vers 10.2.0.30. Doit-il passer par un routeur ? Pourquoi ?

Correction

a) Table de routage de R1 :

Réseau de destinationInterface / PasserelleDistance (sauts)
10.1.0.0/16interface directe (eth0)0
192.168.1.0/24interface directe (eth1)0
10.2.0.0/16via 192.168.1.2 (R2)1

Les réseaux directement connectés ont une distance de 0. Le réseau B est accessible via R2, à un saut.

b) La machine 10.1.0.5 envoie le paquet à son routeur R1 (passerelle par défaut). R1 consulte sa table de routage : la destination 10.2.0.12 appartient au réseau 10.2.0.0/16, accessible via R2. R1 transmet le paquet à R2 via la liaison 192.168.1.0/24. R2 délivre le paquet à 10.2.0.12 sur le réseau B.

c) Non. Les deux machines (10.2.0.12 et 10.2.0.30) sont sur le même réseau 10.2.0.0/16. Elles communiquent directement via le commutateur (switch) du réseau local, sans passer par un routeur. Le routage n’intervient que pour la communication entre réseaux différents.


Exercice 4 : comparaison RIP et OSPF

Trois routeurs R1, R2, R3 relient trois réseaux locaux :

  • R1–R2 : débit 100 Mbit/s
  • R2–R3 : débit 100 Mbit/s
  • R1–R3 : débit 10 Mbit/s

Un paquet doit aller du réseau de R1 au réseau de R3.

a) Combien de sauts font les deux chemins possibles ? Lequel RIP choisit-il ?

b) Calculez le coût OSPF de chaque liaison. Quel chemin OSPF choisit-il ? Justifiez.

c) Les deux protocoles donnent-ils la même route ? Expliquez pourquoi la route choisie par OSPF est préférable en pratique.

d) Dans quelle condition (sur les débits) les deux protocoles donneraient-ils toujours les mêmes routes ?

Correction

a) Chemin direct R1 → R3 : un saut. Chemin R1 → R2 → R3 : deux sauts. RIP choisit le chemin direct R1 → R3 (un saut, distance minimale).

b) Coûts OSPF :

LiaisonDébitCoût ($10^8 / \text{débit}$)
R1–R2100 Mbit/s1
R2–R3100 Mbit/s1
R1–R310 Mbit/s10

Chemin direct R1 → R3 : coût 10. Chemin R1 → R2 → R3 : coût $1 + 1 = 2$. OSPF choisit R1 → R2 → R3 (coût 2 < 10).

c) Non, les deux protocoles donnent des routes différentes. RIP choisit le chemin le plus court en nombre de sauts (R1 → R3), sans tenir compte du débit. OSPF choisit le chemin de moindre coût (R1 → R2 → R3), qui utilise des liaisons dix fois plus rapides. En pratique, la route OSPF est préférable car le transfert est bien plus rapide, même si le paquet traverse un routeur de plus.

d) Si toutes les liaisons ont le même débit, elles ont le même coût OSPF. Minimiser la somme des coûts revient alors à minimiser le nombre de liaisons, c’est-à-dire le nombre de sauts. Les deux protocoles donnent les mêmes routes dans ce cas.


Exercice 5 : topologie à trois routeurs et convergence RIP

Trois routeurs R1, R2, R3 sont reliés en triangle. Chaque routeur connecte un réseau local propre.

  • Réseau A (10.1.0.0/16) sur R1
  • Réseau B (10.2.0.0/16) sur R2
  • Réseau C (10.3.0.0/16) sur R3
  • Liaison R1–R2 : 192.168.1.0/24
  • Liaison R2–R3 : 192.168.2.0/24
  • Liaison R1–R3 : 192.168.3.0/24

a) Donnez la table de routage complète de R1 avec le protocole RIP, après convergence. On rappelle que RIP choisit le chemin ayant le moins de sauts.

b) La liaison R1–R3 tombe en panne. Quelle entrée de la table de R1 est affectée ? Quelle est la nouvelle route vers le réseau C ?

c) Expliquez le mécanisme de convergence RIP : comment R1 apprend-il la nouvelle route vers le réseau C ? Combien de cycles d’échange (environ 30 secondes chacun) faut-il attendre ?

d) OSPF détecterait cette panne plus rapidement. Pourquoi ?

Correction

a) Table de routage de R1 (RIP, après convergence) :

Réseau de destinationPasserelleDistance
10.1.0.0/16directe0
192.168.1.0/24directe0
192.168.3.0/24directe0
10.2.0.0/16via R21
192.168.2.0/24via R21
10.3.0.0/16via R31

R1 a accès direct aux réseaux C et B (un saut chacun, via R3 et R2 respectivement).

b) La route vers 10.3.0.0/16 (réseau C) était directe via R3 (un saut). Après la panne de R1–R3, cette route n’est plus valide. La nouvelle route passe par R2 : R1 → R2 → R3, soit deux sauts.

c) Avec RIP, les routeurs échangent leurs tables toutes les 30 secondes environ. Quand R1 ne reçoit plus de réponse de R3 sur la liaison directe, il attend plusieurs cycles (typiquement 180 secondes, soit six échanges manqués) avant d’invalider la route. Il apprend ensuite via R2 que le réseau C est accessible à distance 2 (R2 connaît R3 à distance 1, plus un saut R1 → R2). La convergence peut prendre plusieurs minutes.

d) OSPF envoie des messages hello fréquemment (toutes les 10 secondes par défaut). Si un routeur ne reçoit plus ces messages pendant 40 secondes (quatre intervalles), il déclare le lien hors service. L’information est immédiatement diffusée à tous les routeurs du réseau (par inondation), et chacun recalcule ses routes par l’algorithme de Dijkstra. La convergence se fait en quelques secondes, contre plusieurs minutes pour RIP.


Exercice 6 : algorithme de Dijkstra (exercice guidé)

Cinq routeurs A, B, C, D, E sont reliés par des liaisons dont les coûts OSPF sont :

  • A–B : 1 ; A–C : 4 ; B–C : 2 ; B–D : 7 ; C–D : 1 ; C–E : 5 ; D–E : 1.

On applique l’algorithme de Dijkstra depuis A pour trouver les chemins de coût minimal.

a) Initialisez le tableau des distances : $d(A) = 0$, tous les autres à $+\infty$. Quel sommet est visité en premier ?

b) On visite A. Mettez à jour les distances de ses voisins B et C. Quel sommet non visité a la plus petite distance ?

c) On visite B (distance 1). Mettez à jour les distances de ses voisins non visités (C et D). La distance de C change-t-elle ?

d) Continuez l’algorithme : visitez C, puis D, puis E. Complétez le tableau ci-dessous.

ÉtapeSommet visitéd(A)d(B)d(C)d(D)d(E)
Init0$\infty$$\infty$$\infty$$\infty$
1A0$\infty$$\infty$
2B01$\infty$
301
401
501

e) Donnez le chemin de coût minimal de A vers E et son coût total.

Correction

a) Le sommet de distance minimale est A (distance 0). C’est le sommet de départ, visité en premier.

b) Voisins de A : B à distance $0 + 1 = 1$, C à distance $0 + 4 = 4$. Le sommet non visité de plus petite distance est B (distance 1).

c) Voisins non visités de B : C (distance actuelle 4, via A). Nouveau calcul : $d(B) + \text{coût}(B, C) = 1 + 2 = 3 < 4$. Oui, la distance de C passe de 4 à 3 (via B). D : $d(B) + \text{coût}(B, D) = 1 + 7 = 8$. Distance de D passe de $\infty$ à 8.

d) Tableau complété :

ÉtapeSommet visitéd(A)d(B)d(C)d(D)d(E)
Init0$\infty$$\infty$$\infty$$\infty$
1A014$\infty$$\infty$
2B0138$\infty$
3C01348
4D01345
5E01345

Étape 3 (visite de C, distance 3) : $d(D) = \min(8, 3 + 1) = 4$, $d(E) = \min(\infty, 3 + 5) = 8$. Étape 4 (visite de D, distance 4) : $d(E) = \min(8, 4 + 1) = 5$. Étape 5 (visite de E, distance 5) : fin.

e) Chemin de A vers E : A → B → C → D → E, de coût $1 + 2 + 1 + 1 = 5$.


Exercice 7 : synthèse – réseau d’entreprise

Un réseau d’entreprise comprend quatre sites reliés par des routeurs R1 (Paris), R2 (Lyon), R3 (Marseille), R4 (Bordeaux).

Liaisons :

  • Paris–Lyon : 1 Gbit/s
  • Paris–Bordeaux : 100 Mbit/s
  • Lyon–Marseille : 100 Mbit/s
  • Bordeaux–Marseille : 10 Mbit/s

a) Calculez les coûts OSPF de chaque liaison.

b) Un paquet doit aller de Paris à Marseille. Quel chemin OSPF choisit-il ? Quel chemin RIP choisit-il ? Justifiez.

c) La liaison Paris–Lyon tombe en panne. Expliquez comment chaque protocole (RIP et OSPF) réagit, en précisant le délai de convergence et le nouveau chemin emprunté.

d) Un administrateur exécute la commande traceroute depuis Paris vers Marseille. Décrivez la sortie attendue en fonctionnement normal, puis après la panne.

e) L’administrateur exécute ip a sur une machine du réseau de Paris et observe inet 10.1.42.7/20. Calculez l’adresse réseau et le nombre maximal de machines adressables dans ce réseau.

Correction

a) Coûts OSPF :

LiaisonDébitCoût ($10^8 / \text{débit}$)
Paris–Lyon1 Gbit/s$10^8 / 10^9 = 0{,}1$
Paris–Bordeaux100 Mbit/s$10^8 / 10^8 = 1$
Lyon–Marseille100 Mbit/s$10^8 / 10^8 = 1$
Bordeaux–Marseille10 Mbit/s$10^8 / 10^7 = 10$

b) Chemins possibles de Paris à Marseille :

  • Paris → Lyon → Marseille : coût OSPF $0{,}1 + 1 = 1{,}1$, distance RIP = 2 sauts.
  • Paris → Bordeaux → Marseille : coût OSPF $1 + 10 = 11$, distance RIP = 2 sauts.

OSPF choisit Paris → Lyon → Marseille (coût 1,1 < 11). RIP voit deux chemins de même distance (deux sauts) et choisit l’un des deux arbitrairement.

c) Après la panne Paris–Lyon :

  • OSPF : les routeurs détectent la panne rapidement (pas de message hello reçu pendant 40 secondes). L’information est diffusée par inondation à tous les routeurs, qui recalculent leurs routes par Dijkstra. Le nouveau chemin est Paris → Bordeaux → Marseille (coût $1 + 10 = 11$). Convergence en quelques secondes.
  • RIP : R1 (Paris) échange ses tables toutes les 30 secondes. Après six cycles sans mise à jour via Lyon (environ 180 secondes), la route est invalidée. R1 apprend le chemin via Bordeaux. Convergence en plusieurs minutes.

d) Sortie de traceroute :

En fonctionnement normal (quatre lignes) :

1  r1-paris (...)        1.2 ms
2  r2-lyon (...)         3.5 ms
3  r3-marseille (...)    6.4 ms
4  machine-marseille     8.1 ms

Après la panne (quatre lignes, via Bordeaux puis Marseille) :

1  r1-paris (...)        1.2 ms
2  r4-bordeaux (...)     5.3 ms
3  r3-marseille (...)   15.8 ms
4  machine-marseille    16.2 ms

Le temps plus élevé reflète la liaison lente Bordeaux–Marseille (10 Mbit/s).

e) Masque /20 = 255.255.240.0. Troisième octet de l’adresse : $42 = 00101010_2$. Troisième octet du masque : $240 = 11110000_2$. ET binaire : $00101010 \text{ ET } 11110000 = 00100000_2 = 32$. Adresse réseau : 10.1.32.0/20. Nombre de bits pour la partie hôte : $32 - 20 = 12$. Nombre maximal de machines : $2^{12} - 2 = 4094$.

Exercice 8 : sujet du baccalauréat, La Réunion 2023 (exercice 1)

Cet exercice porte sur les réseaux et les protocoles de routage. C’est l’exercice 1 du sujet 23-NSIJ1LR1 (4 points), transcrit ici avec sa figure simplifiée.

Rappels. Une adresse IPv4 est composée de 4 octets X1.X2.X3.X4 qui peuvent être écrits en notation binaire ou décimale. La notation CIDR X1.X2.X3.X4/n signifie que les n premiers bits de poids forts de l’adresse IP représentent la partie « réseau », les bits suivants la partie « hôte » (machine).

1.

a. Donner le nombre de bits formant un octet.

b. Déterminer l’écriture décimale de l’adresse IPv4 correspondant à l’écriture binaire 11000000.10101000.00000100.11110001.

2. On considère la machine d’adresse IPv4 172.20.1.242/24.

a. Donner la notation décimale du masque de sous-réseau de cette machine.

b. Donner l’adresse décimale de ce réseau.

c. Donner le nombre maximal de machines que l’on peut connecter sur ce réseau.

3. On considère le réseau ci-dessous, composé de 7 routeurs R1 à R7, qui utilise le protocole RIP (Routing Information Protocol), un protocole de routage qui cherche à minimiser le nombre de routeurs traversés (ce qui correspond à la distance ou au nombre de sauts). Le routeur R1 doit transmettre des données au routeur R5.

a. Déterminer le parcours pouvant être emprunté par ces données en vous aidant des tables de routage ci-dessous (chaque colonne est la table d’un routeur : pour une destination donnée, elle indique le routeur voisin par lequel passer).

Destinationtable de R1table de R2table de R3table de R4table de R5table de R6table de R7
R1R1R6R2R6R1R1
R2R2R2R2R4R3R1
R3R6R3R2R6R3R6
R4R2R4R2R4R5R7
R5R6R4R6R5R5R6
R6R6R3R6R5R6R6
R7R7R1R6R2R6R7

Remarque : la table de R7 du sujet officiel indique « R4 passe par R7 », ce qui est une coquille (R7 n’est relié qu’à R1 et R6) ; elle n’intervient pas dans les questions posées.

Pour les deux questions suivantes, on suppose que la liaison entre R1 et R6 est coupée.

b. Donner une nouvelle table de routage possible pour R1.

c. En déduire le parcours que suivront les données pour aller du routeur R1 au routeur R5.

4. Pour la suite de l’exercice, on considère que la liaison entre R1 et R6 a été rétablie et on applique désormais le protocole de routage OSPF attribuant un coût à chaque liaison afin de trouver le chemin permettant une transmission plus rapide. Le coût d’une liaison est défini par la relation \(\text{coût} = \dfrac{10^8}{d}\) où \(d\) représente le débit en bit/s.

a. Recopier et compléter le tableau suivant :

LiaisonDébit (bit/s)Coût
Ethernet10
Fast-Ethernet\(10^8\)
Fibre\(10^9\)0,1

b. Reproduire la figure du réseau en faisant apparaître le coût de chacune des liaisons. Les liaisons sont : R1–R2, R2–R3, R2–R4 et R6–R7 en fibre ; R1–R7, R3–R6 et R4–R5 en Fast-Ethernet ; R1–R6 et R5–R6 en Ethernet.

Le coût d’un chemin est la somme des coûts des liaisons empruntées.

c. Donner les 6 chemins possibles ainsi que leur coût lors de l’envoi d’un paquet depuis le routeur R1 vers le routeur R5.

d. Déduire, en respectant le protocole OSPF, le chemin le moins coûteux lors de l’envoi d’un paquet depuis le routeur R1 vers le routeur R5. Préciser le coût minimal.

Correction

1.

a. Un octet est composé de huit bits.

b. On convertit chaque octet séparément :

  • \(11000000_2 = 2^7 + 2^6 = 128 + 64 = 192\) ;
  • \(10101000_2 = 2^7 + 2^5 + 2^3 = 128 + 32 + 8 = 168\) ;
  • \(00000100_2 = 2^2 = 4\) ;
  • \(11110001_2 = 2^7 + 2^6 + 2^5 + 2^4 + 2^0 = 128 + 64 + 32 + 16 + 1 = 241\).

L’adresse IPv4 en notation décimale est donc 192.168.4.241.

2.

a. La notation /24 signifie que les 24 premiers bits (soit trois octets complets) forment la partie réseau. Le masque de sous-réseau est donc 255.255.255.0.

b. L’adresse du réseau s’obtient en conservant la partie réseau et en mettant à zéro la partie hôte : 172.20.1.0.

c. La partie hôte occupe \(32 - 24 = 8\) bits, ce qui permet \(2^8 = 256\) combinaisons. On retire l’adresse du réseau et l’adresse de diffusion : \(2^8 - 2 = 254\) machines.

3.

a. On suit les tables de routage pas à pas : dans la table de R1, la destination R5 passe par R6 ; dans la table de R6, la destination R5 passe par R5 (liaison directe). Le parcours est donc R1 → R6 → R5.

b. Lorsque la liaison R1–R6 est coupée, les seuls voisins directs de R1 restent R2 et R7. Une nouvelle table de routage possible pour R1 est :

DestinationPasserelle
R2R2
R3R2
R4R2
R5R7
R6R7
R7R7

Justification : R2 et R7 restent des voisins directs (un saut) ; R3 est atteint via R2 en deux sauts, contre trois via R7 ; R4 via R2 en deux sauts ; R6 via R7 en deux sauts, contre trois via R2 ; R5 demande trois sauts par les deux chemins possibles, le choix est équivalent et l’on retient R7.

c. On suit la nouvelle table : R5 passe par R7, puis par R6 (table de R7), puis R5 est direct (table de R6). Le parcours est R1 → R7 → R6 → R5. Remarque : en choisissant R2 comme passerelle, le parcours aurait été R1 → R2 → R4 → R5 (également trois sauts).

4.

a. On applique la formule \(\text{coût} = 10^8 / d\) : pour Ethernet, le coût vaut 10, donc \(d = 10^8 / 10 = 10^7\) bit/s ; pour Fast-Ethernet, \(d = 10^8\) bit/s, donc le coût vaut \(10^8 / 10^8 = 1\).

LiaisonDébit (bit/s)Coût
Ethernet\(10^7\)10
Fast-Ethernet\(10^8\)1
Fibre\(10^9\)0,1

b. Représentation du réseau avec les coûts OSPF :

c. Les six chemins simples de R1 à R5 :

  1. R1 → R6 → R5 : coût \(10 + 10 = 20\) ;
  2. R1 → R7 → R6 → R5 : coût \(1 + 0{,}1 + 10 = 11{,}1\) ;
  3. R1 → R2 → R4 → R5 : coût \(0{,}1 + 0{,}1 + 1 = 1{,}2\) ;
  4. R1 → R2 → R3 → R6 → R5 : coût \(0{,}1 + 0{,}1 + 1 + 10 = 11{,}2\) ;
  5. R1 → R6 → R3 → R2 → R4 → R5 : coût \(10 + 1 + 0{,}1 + 0{,}1 + 1 = 12{,}2\) ;
  6. R1 → R7 → R6 → R3 → R2 → R4 → R5 : coût \(1 + 0{,}1 + 1 + 0{,}1 + 0{,}1 + 1 = 3{,}3\).

d. Le chemin le moins coûteux est le chemin 3, R1 → R2 → R4 → R5, pour un coût minimal de 1,2. Il emprunte deux liaisons en fibre (coût 0,1 chacune) et une liaison Fast-Ethernet (coût 1), en évitant les liaisons Ethernet qui constituent le goulot d’étranglement du réseau.